R1S6P1 et P2

Section VI: Euphorie et colonie matérialiste

 

 

Deuxième Seringue

 

 

Il est tombé dans un pommier
Il est mort depuis, c’était demain
Je lui acheté des billes de chat
Il m’a permit d’y avancer le couteau, la plaie est fracturée

Le coup de marteau a écarquillé les yeux
La meringue s’est réveillée d’un sûr son
Une pluie combattante ébranle l’amusement
Un après-midi sous la robe de l’aube

Le chèvrefeuille nous a rabattu de ses ciments afghans
Le cercueil hume bon le camembert d’hiver
J’offre au pâtissier une bronche d’or

Après le tumulte, le vent s’en va faire entendre
La paillasse affiche néant, malgré l’affrontement
Le filtre enchanteur a fait disparaître l’effet

L’aube de trop

 

 

L’enchevêtrement acrobatique arcqueboute les natures emphatiques
La missive cérébrale du nain n’a de jonction

Quelques bribes, qui ne rimes à rien
C’est le peu que je peux faire

Le fond, la forme et le néant se confondent
Je ne supporte le passé
Je ne vis plus dans le présent
L’avenir ne peut rien pour l’instant

La paresse m’étouffe, ne n’est plus poésie
Seul Bacchus a saucé son meuble
Et la fille qui se trompe nie

L’univers a courbé la tête
La face de la réalité change
Émotionnellement, je suis vide de tristesse

Goût amer, mots fastidieux
J’ai l’air d’avoir chargé d’écriture
Ça va avec le personnage

Plus grand’chose est valable
Seule la mort vaut son pesant d’or

Narme Thibaut

R1S5P8

Et ça continue ainsi

 

Jailli ! La transpiration bouche les voies
L’immondice gambade accompagné d’aisance
J’atrophie la sincérité
J’aimerais écouter dire ceux à quoi je médite

Le lierre pullule, c’est un touffu goudron
J’ai l’âme d’un troisième décan
Le sensiblement masculin, expression par souffle arracher
Dans la tendresse s’exprime les puissants, l’or a de la valeur

Pourtant, sans quoi, j’exhibe la déchéance
Ma peau est la toile de fond
J’y imprime ce à quoi vous parlez avant d’y démentir

Scarifié, hétéroclite, sensibilisation, voit, je suis sombre et blanc
Sans l’antithétique, être sans profondeur
C’est un mur signé par l’Humanité
« Le sujet s’exprime à de grave altercation ! »

L’importance semble s’enivrer de nuage
L’orage sur terre, je suis un ange sans arc
Frappes et tapes ! Combats ta propre personne
J’exhumerais ma fin à des buts insensibles

L’insensé parcourt d’une ombre sans au-delà
L’insensé signe murale, le reflet de la vérité
L’insensée déchéance qu’enfantent les prélats
L’insensé combat paternel des préfets

Joie, douleurs, c’est l’inharmonieuse plainte du cadavre
Qui établit ses croyances sur des graines de sable
Sur les statues, psychique de ses paires succombent à leurs propres poids moral
Tout est deux, deux n’est pas tout, d’eux n’est pas tout, moi aussi je suis

 

 

Thibaut Narme.

R1S5P6 et P7

Dualité n’est plus

 

Sans fin ou sans nom, je cherche le but de mon existence
Les cimes assombris par le soleil individualiste
Me pousse à de nouvelle réflexion. Qui de nous deux dirige l’autre ?
Dualité omniprésente, enivrante, c’est confus souvenir que de penser au futur

La cote de cailles s’est envolée dans une plume
Je suis face à mon reflet, mon esprit prétexte
Des visions taciturnes, ô espoir onirique
J’ai cru avoir une existence futur dans un passé proche

À présent, où se rejoignent les justes milieux
L’esprit en vain, la coque en vain, la dualité est illusion
Après tout, mes pas sont guidés sans le savoir
J’avais espéré de meilleur d’avenir

J’ai plongé, je m’y suis trouvé
Que suis-je à l’extérieur ? Autre que cette antithèse spirituelle
Où l’âme pense à écrire avec se jumelle la coque
Le passé est l’avenir s’unissent en ce présent éphémère.

Ana

 

J’ai bu un verre d’eau sans penser au dictateur
Qui était détrôné par ignorance et volonté
Tous ses balbutiements sont aussi sourds que le silence
Et la lampe est un éclair pareil au bel orage

Dans l’immense plaine, j’ai aussi bien vu le carré de verdure
La girafe est mangée par le lion, malgré qu’eux deux n’aient d’âmes
Les bleus volets sont aussi drôles que les rouges briques
Et l’ouvrier n’a de valeur qu’autant le président

Mon esprit égal ma peau en conversation
On se dit que tout vaut ce qui n’a de valeur
L’argent est aussi cher que le troc
Et l’âme pareille à la coque

Dans un encéphale également tortueux
Si lent comme un mollusque
Toute chose s’équivalent autant qu’à d’autres
Un terme, il n’y a de plus important que le reste

Narme Thibaut

R1S5P5

Esprit maternel

à Maman,

Rime suivant le cours, ta main est une arme, ta voix est un bandage
« Perce mon illusion de frayeur ménagère »
Rassemble tes espoirs, c’est le début de l’exode juvénile
Prépare le jour où tu fêtera le début, la fin de l’oisiveté

Sent pourtant en cette liberté mon vœu le plus cher
C’est le prix à payer de l’ingratitude, le prix de la colère
« Blesse mon âge d’une fracture analogue »
Voilà le destin qui a frappé à ta porte

C’est si dur d’écrire cela, d’écrire pour toi
Je n’ai jamais l’esprit aux choses câlines
Et pourtant voilà le cadeau, sans douceur apparente

Quand tu gratteras derrière la crasse tu trouvera l’amour
Œdipe n’est pas fous, Œdipe n’eu pas de mère
Œdipe n’a pus lui souhaité fête, moi je le fait

Narme Thibaut

R1S5P3 et P4

Des raisons…

Et cette âme hante mon esprit
Tel un fantôme éternellement beau
Bardé de strasses et de naturel
Cette dague s’insinue dans mon être

À toi, je suis une ombre sans errances
À toi, je suis une larme de souffrance
À toi, je souhaite oublier
À toi, illusion merveilleuse, je doute de t’aimer

Si t’aimer, c’est peiner – je te hais
Si t’aimer, c’est cela – je te hais
Si t’aimer, sans amour, je suis une ombre

Ô douce souffrance, vient me tuer !
Ô douce souffrance ! Je suis opprimé
I hate you, I want to be assassined

 

Fascination ennuyée

 

À toi, belle et sublime
À vous, ironique et mesquin
À moi, malheureux et taciturne
Pour toi, ces rimes sans lendemain

C’est toi, c’est pleurnicherie
Et cette façade de peste
Le noir, la mort, le matin et le soir
La nuit est un régal d’infamie

C’est toi, ces bijoux, ces pacotilles, ces paillettes
La lumière, les planches, le feu, un miroir
Voix l’œil qui t’observe
C’est un ami, plein d’envie, plein d’infamie

 

Narme Thibaut

R1S5P2

L’Ennui

C’est le tourment d’un moment, le pouvoir du néant
L’attristante nuisance de la tournante routinière
L’infatigable vide qui pèse sur l’instant, cet instant
Le fruit, le terreau, la source natal, infriable, éternelle

Le teneur de plume sait y reconnaître le bienfait qu’il apporte à son art
Le sublime, la raison, la folie, le génie, la satisfaction
Le besoin de la différence, l’expression de la différence
Une fois l’étrange muse capturée, tu y vis de nuance

Des lignes et des lignes, c’est le comble de l’incomblable
Tu te spécifie, te diversifie, tu ne peux lutter
Le mal de l’actif est le fort
Mon ami, mon inspiration, le vide craintif

Ma femme, mon mari, mon Hermaphrodite
Tu penses ces plaies qu’est l’âme
Tu encombres l’encéphale de savoir précieux
Ma mode est ton fruit, le nutriment essentiel à mon équilibre

Tu surpasse et fais surfasse, tu est l’ami d’un parasite
Mais aucune compagnie ne vaut la tienne, bienveillant miroir
Reflet corrompus de mon ego, je t’aime pour ta chaleur, « partenaire »
Dans les méandres boueux, où l’âme se confond à la mort, plante moi dans ce terreau

J’aspire pourtant, lisse ami, au monde de la coque
Mon encéphale ne se suffit pas à lui même
Le martyr entraîne l’amitié dans son mal
Mais toi seul reste après ce passage temps attendu

Me bercera-tu ces longues nuits de joie, de tendresse, d’amour
Le poignard qu’a imprégné ton poison est la drogue suffisante à mes peines
Plein de charme, le monde d’insensibilité, tu es presque
Mais l’éternité est trop longue, accompagné, les vauriens de mon espèce…

Mais, tel un silence violé, martyrisé, à peine tes biens faits promulgués tu fuis
Que pourrais-je faire sans ton appui, mon tendre amoureux
Car oui, je t’aime, plus qu’un homme, plus qu’une femme, moins que la mort
Tu ne peux rivalisé avec l’éternelle pureté d’un instrument divin

Mais quand ma chair abandonnera enfin mon esprit évasif
M’embrasseras-tu, éternelle image lavée de mon cœur ?
Parle moi des mots qui font souffrir ! Arrose cette plante acide !
La vie vaut bien le feu que l’on fait aux sorciers ingénus

Au-delà de tout, qu’importe la valeur, la croyance, la virtuosité
Tu es plus égal que l’Égalité de mes pairs
Vérité des vérités, toi seul sais m’aimer à la valeur que je m’attribue
Ami, mon Ennui, je te reverrai, dans mes songes les plus froids, la douleur vaut une amitié

 

 

Thibaut Narme.