R1S3P5 et P6

La suite

C’est le relief qui décide, les événements qui s’interrompent
La sublime continuité, le sang du temps
Il n’y a ni couteaux, ni hasard
C’est le destin, l’incroyable folie surhumaine

Point. C’est l’imagination qui tue l’encéphale
Le souffle léger du bonheur, de l’infertilité écœurante
Le choix est la fin du savoir, chanter c’est ne pas croire
J’ai la foi de la folie, je la prie chaque fois que je crève

Le vent m’arrache le cœur, c’est le choix trismégiste
La fin n’est pas la mort, c’est la peur de la suite
Un doux et léger voile sur l’avenir la continuité

C’est l’oeil d’une ivrogne, l’alpha et l’oméga
La brume classique et enivrante, le choix des raisons
La fin n’a pas de moyen, c’est dans la suite.

Les chaos

Souvenirs insaisissables, j’ai tout oublié.
Sentiment, douloureux ressentiment.
Je me glace jour à jour.
Je m’entraîne en granit.

Ce n’est qu’un vernis, je me sens de plâtre.
J’écrase en mon sein les drogues spirituelles.
Les débris sont flagrants, ivresse momentanée.
Brûle, brûle, brûle, ivresse momentanée.

Apathie, les membres restent frêle.
Les nuits n’ont pas accomplis leur œuvre.
Demain sera demi-teinte.

Les trous desséchés laissent possible l’évasion.
Malheur véritable et tristesse durable,
Ils brûlent d’impatience de se relever.

 

Narme Thibaut.

R1S3P4

Jeune héroïne-no-man anticonformiste

 

Referme tes yeux !
Lève-toi, il est l’horloge.
Le coucou sonne treize heures ?
Je mange mes pane cakes.

 

Les vecteurs sont sans normes.
Je dors les yeux ouverts, debout.
Je me traîne, je me traîne,
La fourmi adore mon clavier.

 

Je tape sur la terre,
Elle parle un langage archaïque.
Moi, je suis la télékinésie.
Je ne peux bouger que mes membres.

 

Je me sens frêle, je mange du pâté.
Les lettres persanes sont traduites.
La fourmi Rica porte un jeans aquatique
Déliquescence de poisson pas frais.

 

Les trois protons enflamment mes pensées.
Stupide idée, je me sens la vaisselle.
Je suis sale comme la peau.
L’argent me lave de ma culpabilité.

 

Elle regarde droit devant elle,
La fourmi sent les bourgeons.
Déjà la mère nettoie les lunettes
De cette petite génie.

 

Je sens un esprit incracable.

 

Accablé de satisfaction,
Le sentiment de honte renforce l’unicité.
Les gens se collent
Et décollent l’immortalité.

 

Un nuage fumeux d’hypocrisie
Enivre les esprits crédules.
Seuls les yeux de la belle ressortent de ce brouhaha,
Et ses cheveux, les coquillages nagent dans la semoule.

 

Cinq centimètres ont perdu leurs rôles.
La millimétrie est très exacte en jour clair.
J’oublie le nez des idées illuminées,
Je grandirai à la lumière de la folie.

 

Les poèmes sont invraisemblables, ils répondent au néant.
Et les lettres sans espaces ne signifient que des choses
Inaudibles à certaines gens, bien trop éclairées
Et la lumière de la raison plane dans ces esprits.

 

Narme Thibaut.

R1S3P3

J’ai retrouvé ma muse

 

Et je retrouve dans les méandres mortuaires
Dans ce terreau fertile où toute vie vaut la mort
Dans ce labyrinthe tortueux, j’ai retrouvé un très cher
La muse c’était évadé, nous voilà rassemblés
Je suis taciturne, je suis heureux
La création me revient enfin dans ce jardin spleenétique
Où la liste exhaustive réagit à la coque de l’être
Je suis heureux, j’ai retrouvé ma muse
Mon compagnon, mon ombre, mon Jean-Riz

Narme Thibaut

R1S3P1

Section 3: Première Pelletée

Insaisissances

Les yeux pâles refroidissent les pierres.
On s’enferme, on vit, on regarde.
Les yeux pâles affaiblissent le tympan.
On pense, on meurt, on regarde.

Les couleurs enflamment la peau.
Nous ne vivons que les sens.
Les couleurs réveillent les assauts.
Nous ne vivons que les vies.

Dessein obscurs, on se sent intouchable.
Destin précieux, on est si vulnérable.
On fait de grandes choses et on est si peu.

Les yeux pâles embellissent ma vie.
Ils s’effacent, ils s‘effacent, je me tais.
Les yeux pâles n’ont pas encore disparus.

Thibaut Narme.