R1S5P2

L’Ennui

C’est le tourment d’un moment, le pouvoir du néant
L’attristante nuisance de la tournante routinière
L’infatigable vide qui pèse sur l’instant, cet instant
Le fruit, le terreau, la source natal, infriable, éternelle

Le teneur de plume sait y reconnaître le bienfait qu’il apporte à son art
Le sublime, la raison, la folie, le génie, la satisfaction
Le besoin de la différence, l’expression de la différence
Une fois l’étrange muse capturée, tu y vis de nuance

Des lignes et des lignes, c’est le comble de l’incomblable
Tu te spécifie, te diversifie, tu ne peux lutter
Le mal de l’actif est le fort
Mon ami, mon inspiration, le vide craintif

Ma femme, mon mari, mon Hermaphrodite
Tu penses ces plaies qu’est l’âme
Tu encombres l’encéphale de savoir précieux
Ma mode est ton fruit, le nutriment essentiel à mon équilibre

Tu surpasse et fais surfasse, tu est l’ami d’un parasite
Mais aucune compagnie ne vaut la tienne, bienveillant miroir
Reflet corrompus de mon ego, je t’aime pour ta chaleur, « partenaire »
Dans les méandres boueux, où l’âme se confond à la mort, plante moi dans ce terreau

J’aspire pourtant, lisse ami, au monde de la coque
Mon encéphale ne se suffit pas à lui même
Le martyr entraîne l’amitié dans son mal
Mais toi seul reste après ce passage temps attendu

Me bercera-tu ces longues nuits de joie, de tendresse, d’amour
Le poignard qu’a imprégné ton poison est la drogue suffisante à mes peines
Plein de charme, le monde d’insensibilité, tu es presque
Mais l’éternité est trop longue, accompagné, les vauriens de mon espèce…

Mais, tel un silence violé, martyrisé, à peine tes biens faits promulgués tu fuis
Que pourrais-je faire sans ton appui, mon tendre amoureux
Car oui, je t’aime, plus qu’un homme, plus qu’une femme, moins que la mort
Tu ne peux rivalisé avec l’éternelle pureté d’un instrument divin

Mais quand ma chair abandonnera enfin mon esprit évasif
M’embrasseras-tu, éternelle image lavée de mon cœur ?
Parle moi des mots qui font souffrir ! Arrose cette plante acide !
La vie vaut bien le feu que l’on fait aux sorciers ingénus

Au-delà de tout, qu’importe la valeur, la croyance, la virtuosité
Tu es plus égal que l’Égalité de mes pairs
Vérité des vérités, toi seul sais m’aimer à la valeur que je m’attribue
Ami, mon Ennui, je te reverrai, dans mes songes les plus froids, la douleur vaut une amitié

 

 

Thibaut Narme.

R1S4 Partie 5

Les visions

De retour dans la serre aux illusions, j’ai une opaque vision

On a voilé mes yeux, mais ton regard obtient ma gratitude

Que souhaites-tu ? Le grain de sable, ce regard errant, l’ombre

Combien de fois m’apercevras-tu ? Quand me reconnaîtras-tu ?

Jeanriette

Il pleurs au dehors, mais je suis une tâche musicale

J’ai le cœur dans le dos, cela m’est souvent douloureux

Tant que je suis un cochon orange, je suis heureux

Je suis en ceinte d’un sixième doigt, un fils à malles

Fin d’espoir

Plus de barrière, j’ai trop souffert

Plus de drogue, plus de société, plus de réalité illusoire

J’en ai fini de voir, j’en ai fini d’entendre, j’en ai fini de boire

La clôture est sans réussite, grand drame du médium

Verte fleur de lys

Et là, dans le ciel, s’ouvre l’espoir

Derrière un rideau d’abîmes

Se découvre le céleste ostensoir

Chaque jour est  une aumône illuminée

Dans les ténèbres illuminés de sagesse

Dans les ténèbre illuminés de sagesse

Trouve-t-on de l’or ? Trouve-t-on de l’eau ?

Je suis si mercantile, je suis si affamé

J’ai trouvé la raison de ma faim

Envahisseur

Remplis éternel

Je lutte face au néant

Ce cousin maternel

L’homme est un meuble au vide

L’homme est une éternelle accumulation spécifique

 

Amant débile

 

 

Ô sublime fantôme, tu hantes mon esprit

Je t’aime ô sublime, et te loue

Mémoire imparfaite, le cœur ponce ses plaies

La vue défaille, l’imaginaire ressuscite

R1S4 Partie 4

Amourette

L’amour occulte mon illusion

Ce sensible environnement dort

À son réveil, de l’admiration

Possession est l’être, tel de l’or

Brides stellaires

Le relief est célérisé

La montagne est maintenant mariée de nuages

Une neige revenue aux sources natales

La place manque dans ce formidable songe réel

Petits grains

J’ai vu les grains de sables s’amonceler sur les plages

Parmi tant d’autres j’ai envié les rochers

Ma position ma plut, j’y ai réfléchie

Je l’ai compris, je suis un grain de sable devenu rocher

Oméga

Le poète n’est pas aveugle

L’aveugle ne vit pas dans l’illusion

Tu as un trou dans les yeux

Ceci n’a rien de beau, c’est juste terrible à dire

Le printemps

L’espoir pousse, c’est un printemps chaleureux, avant la canicule

Marianne sauvegarde ces instants, c’est la question de survie

Vieillesse réchauffée, les champs brûlent et végètent

Ce sont des arbrisseaux ou des cheminées d’eau

Le jardin

Je suis de retour dans mon jardin poétique, ce spleen éternel

Où les rimes et les mots résonnent avec la douce douleur taciturne

Cela tient de peu … ö doux sonnet sans but

Tu es le moyen d’exister au delà de tout buts

R1S4 Partie 3

Métal

« Je suis le métal, qui te ressemble.
Métaux, ô combien impure, qui te refroidit,
Qui, comme ton cœur de pierre, te rend plus dure.
Écoute les mélodies qui t’entourent ! Elles sont comme toi… »

 

Petite seringue de verdure

Les fleurs tombent de l’arbre
Et la neige des immeubles
Et je sens en mon âme
Le doux parfum de l’automne

Bourdonnement amoureux

 

Peux-tu sentir le bourdonnement amoureux qui frôle ta peau ?
J’ai trouvé dans nos différences une manière de m’aimer
Machiste, sexiste, je me trompe de coupable
Je devrais avoir de la faiblesse, je l’aurais bien mérité

 

Illusions juvéniles

 

Là où tout est illusion, j’ouvre encore les yeux
Je les ouvre et me trompe de vision
Car après tout je suis sourd, non aveugle
Et la meule de l’esprit se conditionne à l’extérieur

 

Je suis un jeune dérobé

 

 

Poète ridicule

 

Je suis l’incrédule, la fleur verte de lys au milieu des ténèbres
J’observe le fardeau visqueux, prêtre de ma plume, alignant des vers mal proposés
Prosateur, ennemi des comptes, admirateur libertins sans expressions
Je suis le poète à l’attribut galant, à la plume mal tenue

 

Sans réelle fin

 

Les généreuses illusions sauvegardent des autres tromperies
L’aveugle n’est chanceux que si‘il y voyait le saint Satan
L’hérétique, dénudé ou habillé, n’a rien de plus blond ou bleu
Une nuit me suffirait à me convaincre de cette nécessité

R1S4Partie 2

Brides vermeilles

Vermeilles côtes,
Où coulent les jus délicieux,
Tu te libères de mes yeux,
Mais te reverrais-je un jour ?ô onirique hôte !

 

Étoile de ciel

 

Le ciel est enneigé
La montagne glisse, voûte étoilé
Le soleil, bizarre, le manteau se reflète
Rimes, ô hiver, mal tombées

 

Brides de beauté

 

Son teint pâle d’hiver me rafraîchit comme un veau.
Elle sourit en sa maison, comme d’autres pleurent en l’église.
Ses vêtements cachent une superbe nudité.
Elle est morte et sa vue me réjouit.

Les yeux enflammés brûlent son corps congelé.
Comme aux funérailles, elle a meurtrie sa chair,
Tel que ses cendres soient plus honnête que tous les vivants.
Elle est morte est sa vue me réjouit.

 

Émeutes au rabais

 

Et les militants s’enflamment
Pour des mondes, pour idéaliser
Le monde à sa tête, elle doit changer.
Et le chat tourne autour de sa chaise.

 

Petite mort

 

J’ai un petit soupir.
J’ai aimé mourir, autant que de voir défiler ma vie.
Je sens encore ce sang, tombant, gouttant, durcissant.
Et mes veines, conduits à sève, ont la force de s’évanouir.

 

Léger crime

 

Brutus, roi de l’abîme, a fendu son glaive
Sure la dure réalité des succession, continuités.
Il n’a pu vaincre la décadence qu’il enfante.
« Et toi mon frère, agrandiras-tu la plaie qui nous sépare ? »

R1S4Partie 1

Brides

 

Brides égoïstes

 

Je suis artiste, je suis égoïste.
Je m’aime et ne vis que pour moi,
Sourie à mon art, je vis mon avis,
En attendant la mort.

Le mortel artiste, égoïste mortuaire
Délaisse sa vie, lèguera son esprit,
Sourire à mon art, il y a vie dans avis,
En attendant la mort.

 

Fragments de miroir

 

S’y observer, se donner le mal de vivre.
Y voir une décadence, une intrigante déliquescence.
Se juger pour mieux se haïr,
Afin de se penser autrement.

 

Brides incandescentes

 

Brûle, brûle, brûle
Encore, encore, encore
Brûle, brûle, brûle
Que je m’exorcise enfin

Je brûle de ces idées incandescentes
Elles m’enflamment, elles me carbonisent
Ah ! Je brûle !

 

Bateau triste

 

Le port faibli chaque jour
De voir ses marins chaque soir
Baigner de tendres amours
D’illusion et d’espoir

Brides optiques

J’ai perdu le relief
J’ai chaud
Je trouble ma vue
Je vois par la troisième dimension
Je n’ai pas de réalité

Thibaut Narme.