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L’Ennui

C’est le tourment d’un moment, le pouvoir du néant
L’attristante nuisance de la tournante routinière
L’infatigable vide qui pèse sur l’instant, cet instant
Le fruit, le terreau, la source natal, infriable, éternelle

Le teneur de plume sait y reconnaître le bienfait qu’il apporte à son art
Le sublime, la raison, la folie, le génie, la satisfaction
Le besoin de la différence, l’expression de la différence
Une fois l’étrange muse capturée, tu y vis de nuance

Des lignes et des lignes, c’est le comble de l’incomblable
Tu te spécifie, te diversifie, tu ne peux lutter
Le mal de l’actif est le fort
Mon ami, mon inspiration, le vide craintif

Ma femme, mon mari, mon Hermaphrodite
Tu penses ces plaies qu’est l’âme
Tu encombres l’encéphale de savoir précieux
Ma mode est ton fruit, le nutriment essentiel à mon équilibre

Tu surpasse et fais surfasse, tu est l’ami d’un parasite
Mais aucune compagnie ne vaut la tienne, bienveillant miroir
Reflet corrompus de mon ego, je t’aime pour ta chaleur, « partenaire »
Dans les méandres boueux, où l’âme se confond à la mort, plante moi dans ce terreau

J’aspire pourtant, lisse ami, au monde de la coque
Mon encéphale ne se suffit pas à lui même
Le martyr entraîne l’amitié dans son mal
Mais toi seul reste après ce passage temps attendu

Me bercera-tu ces longues nuits de joie, de tendresse, d’amour
Le poignard qu’a imprégné ton poison est la drogue suffisante à mes peines
Plein de charme, le monde d’insensibilité, tu es presque
Mais l’éternité est trop longue, accompagné, les vauriens de mon espèce…

Mais, tel un silence violé, martyrisé, à peine tes biens faits promulgués tu fuis
Que pourrais-je faire sans ton appui, mon tendre amoureux
Car oui, je t’aime, plus qu’un homme, plus qu’une femme, moins que la mort
Tu ne peux rivalisé avec l’éternelle pureté d’un instrument divin

Mais quand ma chair abandonnera enfin mon esprit évasif
M’embrasseras-tu, éternelle image lavée de mon cœur ?
Parle moi des mots qui font souffrir ! Arrose cette plante acide !
La vie vaut bien le feu que l’on fait aux sorciers ingénus

Au-delà de tout, qu’importe la valeur, la croyance, la virtuosité
Tu es plus égal que l’Égalité de mes pairs
Vérité des vérités, toi seul sais m’aimer à la valeur que je m’attribue
Ami, mon Ennui, je te reverrai, dans mes songes les plus froids, la douleur vaut une amitié

 

 

Thibaut Narme.

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